"Je peins parce que je ne peux faire sérieusement que ce qui m'amuse"
BIOGRAPHIE
Né à Paris en 1968 d’une mère ingénieure nucléaire française et d’un père diplomate belge, je quitte la France trois semaines après ma naissance pour le Pakistan. Commence alors une enfance itinérante qui marquera profondément mon regard : deux premières années à Islamabad, un retour à Bruxelles, puis un départ pour le Japon.
À Tokyo, où je vis pendant quatre ans, la mégalopole prend aux yeux de l’enfant que je suis des allures de conte : forêts de néons, parcs fleuris, temples et ponts d’un rouge profond. À neuf ans, nouveau déracinement : le Brésil. J’y découvre à la fois l’architecture moderne, la luxuriance de la végétation, la chaleur des Brésiliens… et, pour la première fois, la pauvreté extrême et la violence.
C’est au Brésil que naît ma passion pour le dessin. Je préfère le crayon au ballon de football, et un épisode scolaire confirme de façon inattendue cette inclination : à douze ans, pour mon tout premier devoir de dessin – un simple autoportrait – je reçois la note de 0/20. Non pas parce que le dessin est mauvais, mais parce que le professeur est persuadé qu’« un enfant de cet âge ne peut pas dessiner ainsi » et que j’ai fait appel à un adulte. Je n’aurai jamais l’occasion de lui prouver le contraire : peu après, nous changeons à nouveau de pays.
Je découvre la peinture à Rome, lorsque ma mère me donne, presque par hasard, une boîte de gouache qu’elle n’utilise plus : « Prends-la et fais-en ce que tu veux ». Pour la remercier, je réalise un portrait de mon père. Depuis, je n’ai plus quitté les pinceaux. Mon inclination pour le figuratif et mon intérêt pour l’être humain m’amènent naturellement vers l’art du portrait.
Pour me former, je fréquente une académie à Bruxelles, puis les cours de perfectionnement du Flemish Classical Atelier à Bruges et de la Florence Classical Art Academy. En 2011, je reçois le 1er Prix de Peinture au Salon International du Portrait de Beauregard pour mon tableau Le Maharadja.
Mon enfance passée aux quatre coins du monde a forgé en moi une identité mouvante, qui se reflète dans la multiculturalité et l’hétéroclisme de mes œuvres. Mon goût pour la transcription précise du réel se heurte toujours à une part de jeu : j’aime déformer les couleurs, glisser un détail surréaliste, faire basculer la scène dans un univers à la fois poétique et légèrement décalé. Chaque toile vise à capter le regard par sa singularité et son esthétique.
J’ai fait mienne cette phrase d’Eugène Delacroix : « Le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil ». Depuis mon atelier à Bruxelles, je réalise aussi bien des portraits de facture classique que des tableaux figuratifs contemporains aux accents surréalistes.





